Verdelais, parcourir un village de pèlerinage entre basilique, Toulouse-Lautrec, calvaire et panoramas viticoles
Verdelais - Gironde
Verdelais déroule un parcours remarquable entre basilique, cloîtres, tombe de Toulouse-Lautrec et chemin de croix. Le village de pèlerinage se prolonge jusqu’au mont Cussol, où chapelles, moulin et panorama dominent les vignobles du Sud-Gironde.
Verdelais, village de pèlerinage au cœur des vignobles
Entre les coteaux viticoles du Sud-Gironde et la vallée de la Garonne, Verdelais forme un ensemble patrimonial remarquable organisé autour de sa basilique mariale. Le bourg, inscrit pour la qualité de son architecture et de ses paysages, réunit sur un périmètre propice à la marche une place ombragée, un ancien couvent, un chemin de croix monumental, la tombe d’Henri de Toulouse-Lautrec, un moulin à vent restauré et le site légendaire du Pas de la Mule.
Verdelais se découvre autant comme un lieu spirituel que comme un village d’art, d’histoire et de promenade. Une visite libre permet d’en voir les principaux monuments en une demi-journée, mais les sentiers, le musée et les paysages viticoles peuvent facilement occuper une journée entière.
La basilique Notre-Dame, cœur historique du bourg
La basilique Notre-Dame domine les Allées, vaste parvis planté conçu pour accueillir les pèlerins. Sa façade, son clocher couronné par une statue dorée de la Vierge et les bâtiments de l’ancien couvent des Célestins composent la silhouette emblématique de Verdelais. L’un des cloîtres accueille aujourd’hui le presbytère ; l’autre est intégré à un ensemble occupé par la mairie, l’école et le musée d’Art sacré.
L’édifice conserve des parties médiévales, mais son apparence résulte principalement des transformations entreprises aux XVIIe et XIXe siècles. À l’intérieur, le retable baroque, la statue de Notre-Dame et les nombreux ex-voto racontent la ferveur attachée au sanctuaire. Plaques de remerciement, tableaux et maquettes de navires témoignent notamment de guérisons attribuées à la Vierge ou de marins revenus sains et saufs.
L’église a reçu le titre de basilique mineure en 1924, en reconnaissance du rayonnement du pèlerinage. Elle demeure un lieu de culte actif et se visite quotidiennement en dehors des célébrations. Une tenue et une attitude discrètes sont recommandées ; les offices restent prioritaires sur la visite touristique.
Plus de neuf siècles d’histoire religieuse
Selon la tradition du sanctuaire, Géraud de Graves, chevalier originaire de Saint-Macaire, aurait fait le vœu d’élever une chapelle à la Vierge pendant la première croisade. Revenu en Guyenne, il se serait retiré vers 1112 dans le vallon boisé du Luc, où il aurait construit un ermitage et installé une statue rapportée de Terre sainte.
Des religieux grandmontains s’établirent sur le site au XIIe siècle et y développèrent un monastère. Le sanctuaire fut ruiné pendant la guerre de Cent Ans, reconstruit, puis de nouveau éprouvé au cours des guerres de Religion. Les Célestins, présents à partir du XVIIe siècle, firent de Verdelais l’un des principaux pèlerinages marials de Guyenne. Au XVIIIe siècle, des milliers de fidèles arrivaient notamment par la Garonne à bord de gabares avant de gagner le sanctuaire à pied.
Après la Révolution, le pèlerinage connut un nouvel essor au XIXe siècle avec l’arrivée des Maristes, l’agrandissement de l’église, l’aménagement des Allées et la création du grand calvaire. Sa notoriété fut telle que l’ancien nom communal d’Aubiac finit par s’effacer au profit de Verdelais.
Le chemin de croix et le panorama du mont Cussol
Derrière la basilique, un large escalier traverse le cimetière puis rejoint le chemin de croix. Un premier calvaire avait été établi sur le mont Cussol à la fin du XVIIe siècle. L’ensemble actuel fut inauguré en 1863 à l’initiative du cardinal Donnet.
Le parcours monte en lacets sous les arbres, entre des chapelles néogothiques abritant des hauts-reliefs en grès céramique consacrés aux stations de la Passion. Il aboutit à la chapelle du Saint-Sépulcre puis aux trois croix monumentales. Le sommet offre une vue étendue sur le village, la vallée de la Garonne, le Sauternais et plusieurs grands domaines viticoles. Par temps particulièrement clair, le panorama depuis le secteur du moulin peut porter jusqu’aux Pyrénées.
La montée emprunte des escaliers et un chemin en pente qui peut être glissant par temps humide. De bonnes chaussures sont préférables, tout comme une réserve d’eau en période chaude. Le caractère religieux du site doit être respecté, même lors d’une simple promenade.
La tombe d’Henri de Toulouse-Lautrec
Le cimetière situé entre la basilique et le calvaire abrite la sépulture d’Henri de Toulouse-Lautrec. Le peintre et lithographe, célèbre pour ses scènes de cabaret et ses affiches parisiennes, mourut en 1901 au château de Malromé, sur la commune voisine de Saint-André-du-Bois. Sa dépouille fut ensuite transférée à Verdelais.
La tombe se trouve dans l’allée centrale, vers le fond à gauche. Cette étape établit un lien inattendu entre le petit village de pèlerinage et l’un des artistes majeurs de la fin du XIXe siècle.
Le moulin à vent de Cussol
Construit en 1730 par les Célestins, le moulin de Cussol était en ruine lorsque la commune l’acquit en 1997. Une association locale entreprit alors de restaurer sa tour, son toit, ses ailes et son mécanisme. Remis en état de fonctionnement, il compte parmi les rares moulins à vent du Sud-Gironde encore capables de produire de la farine.
Le moulin se rejoint à pied depuis le calvaire. Son environnement dégagé constitue l’un des meilleurs belvédères de la visite, avec des vues sur la vallée, le vignoble de Sauternes et les Landes girondines. Son fonctionnement intérieur et les démonstrations ne sont pas permanents : il convient de vérifier les possibilités de visite avant un déplacement organisé spécialement autour du moulin.
La légende du Pas de la Mule
Le lieu-dit du Pas de la Mule conserve la légende la plus célèbre de Verdelais. La statue de la Vierge aurait été cachée sous terre pour échapper aux destructions pendant les conflits médiévaux. Vers 1390, la mule portant Isabelle de Foix se serait immobilisée dans le bois et aurait imprimé la marque de son sabot dans une pierre. En soulevant celle-ci, la suite de la comtesse aurait retrouvé la statue.
Isabelle de Foix aurait alors fait reconstruire la chapelle et revenir les religieux. Une fontaine votive et un groupe sculpté de six personnages rappellent aujourd’hui cet épisode. Une aire de pique-nique couverte permet de faire une pause à proximité.
Le musée d’Art sacré
Créé en 1990 dans l’ancien couvent des Célestins, classé monument historique, le musée rassemble des objets provenant en grande partie de la basilique ainsi que des dons. Ses collections comprennent de l’orfèvrerie religieuse, des chasubles, des manteaux de la Vierge, des maquettes de bateaux et des ex-voto marins.
Le musée se visite uniquement sur rendez-vous. Il faut donc organiser cette découverte à l’avance ; une arrivée spontanée ne garantit pas l’accès. Cette visite apporte un complément précieux pour comprendre le pèlerinage, les pratiques votives et les liens anciens entre Verdelais et les marins de la Garonne.
Trois promenades pour explorer le village
- Le circuit du village : une boucle facile de 3,5 km, annoncée pour environ une heure hors visites, relie la basilique, le cimetière, le calvaire, le moulin et le Pas de la Mule.
- La boucle du Calvaire : cet itinéraire plus complet parcourt 9,3 km en environ 2 h 40, avec un niveau moyen et 111 mètres de dénivelé positif.
- Les Pistes de Robin : ce jeu de découverte gratuit propose aux enfants de 7 à 11 ans, accompagnés de leurs parents, un parcours facile de 2 km ponctué de rébus et d’énigmes. Le livret peut être téléchargé ou retiré dans les bureaux d’information touristique de La Gironde du Sud.
Verdelais est également lié à François Mauriac. Le domaine de Malagar, où l’écrivain séjourna régulièrement, se trouve à proximité, de l’autre côté des vignes. Mauriac décrivait Verdelais comme le décor permanent de son enfance et de son adolescence ; un chemin rejoint le secteur du calvaire en longeant le cimetière.
Conseils pratiques pour visiter Verdelais
La découverte extérieure du village et de ses itinéraires est libre toute l’année et ne nécessite pas de réservation. La basilique est ouverte quotidiennement, tandis que le musée et certaines visites patrimoniales demandent une organisation préalable. Les horaires des monuments peuvent évoluer lors des célébrations religieuses.
Des espaces de restauration, un café et des aires de pique-nique sont signalés dans le village. Pour parcourir le calvaire et le moulin, mieux vaut prévoir des chaussures de marche, notamment après la pluie. Les visiteurs disposant de peu de temps peuvent se concentrer sur les Allées, la basilique, la tombe de Toulouse-Lautrec et le début du chemin de croix.
Verdelais constitue enfin une étape intéressante entre patrimoine religieux et vignobles bordelais. Pour prolonger l’escapade vers l’est, une journée consacrée à Saint-Émilion, sa cité médiévale, ses monuments souterrains et ses châteaux viticoles permet de découvrir une autre facette majeure du patrimoine girondin.
Enfants & famille
- Convient aux enfants 4-6 ans
- Convient aux enfants 7-12 ans
- Convient aux ados 13-17 ans
- Animations enfants

Où se trouve Verdelais ?
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Fiche créée le 16/10/2025, dernière mise à jour le 16/10/2025.






