Eglise Notre-Dame-de-Lorette à Saint-Michel-de-Lapujade, un sanctuaire construit autour d’une source
Saint-Michel-de-Lapujade - Gironde
À Notre-Dame-de-Lorette, une église néogothique surmonte une chapelle ancienne où coule une source au pied de l’autel. Légende de la statue revenue à l’eau, vitraux narratifs et architecture à deux niveaux composent une découverte singulière entre patrimoine et recueillement.
Église Notre-Dame-de-Lorette : un sanctuaire singulier près de Marmande
Au hameau de Lorette, à Saint-Michel-de-Lapujade, l’église Notre-Dame-de-Lorette réserve une découverte inhabituelle : une grande église du XIXe siècle surmonte une chapelle ancienne, où une source coule au pied de l’autel. Ce monument à deux niveaux associe architecture, vitraux, histoire des pèlerinages et légende locale.
Le sanctuaire se situe dans l’Entre-deux-Mers, à la rencontre de la Gironde et du Lot-et-Garonne. Il accueille aussi bien les visiteurs attirés par le patrimoine que les personnes venues se recueillir. Sa particularité se comprend en prenant le temps de découvrir les deux parties de l’édifice, puis d’observer les détails de son décor.
La légende des bergers et de la statue revenue à la source
Selon la légende, deux jeunes bergers auraient aperçu une dame vêtue de blanc près d’un buisson et d’une source. Effrayés, ils seraient revenus avec leurs parents et auraient trouvé à cet endroit une statue de la Vierge à l’Enfant, sculptée dans du bois de noyer.
Transportée dans des églises voisines, la statue serait chaque fois revenue auprès de la source. Une chapelle aurait donc été construite sur place pour l’abriter. Ce récit explique la dévotion attachée au lieu et la place centrale de l’eau dans le sanctuaire. Il relève de la tradition religieuse, tout comme les vertus miraculeuses attribuées à cette source.
La tradition locale associe la première chapelle à Éléonore de Provence, reine d’Angleterre. Le sanctuaire, d’abord appelé Notre-Dame de La Pujade, prend le nom de Notre-Dame de Lorette en 1634, sous l’impulsion de l’évêque de Bazas, en référence à la Sainte Maison vénérée à Lorette, en Italie.
Deux niveaux d’architecture pour préserver la chapelle ancienne
L’église supérieure est construite entre 1860 et 1864, à l’initiative du cardinal Donnet et avec le soutien du comte O’Kelly, pour accueillir les nombreux pèlerins. Le projet confié à l’architecte bordelais Jean-Jules Mondet devait préserver la chapelle originelle : la nouvelle église a donc été élevée au-dessus d’elle.
Cette disposition donne au monument son caractère exceptionnel. Dans la partie basse, le déambulatoire permet de comprendre l’organisation du sanctuaire autour de l’autel, de la statue et de la source. Dans l’église supérieure, les volumes néogothiques et les verrières offrent une atmosphère différente. Mondet, actif dans plusieurs chantiers religieux du Sud-Ouest, a également participé à la construction du Sacré-Cœur de Bordeaux.
Un détail mérite de lever les yeux : certains chapiteaux sont restés à l’état d’ébauche. Les difficultés financières du chantier ont empêché d’achever toutes les sculptures prévues. Ces parties inachevées racontent, à leur manière, les contraintes rencontrées lors de la construction.
Des vitraux à lire comme un livre d’images
Les verrières du chœur au XIXe siècle
Les vitraux de l’abside et des absidioles sont attribués à l’atelier bordelais de Joseph Villiet. Leur réalisation avait autrefois été rapprochée de l’atelier Feur, mais le discours de bénédiction du sanctuaire permet de préciser cette attribution.
Sept verrières hautes et étroites éclairent l’abside. Leurs médaillons superposés illustrent des épisodes de la vie de Marie et de Jésus. Les scènes se lisent du bas vers le haut : un conseil simple qui transforme la contemplation des couleurs en découverte du récit représenté.
Les couleurs de Jacques Leuzy
Les vitraux de la nef et les peintures du chœur sont réalisés par Jacques Leuzy en 1950. Ils complètent le décor ancien avec des figures de saints et des symboles mariaux. On y retrouve notamment saint André, saint Jean, saint Paul, sainte Foy, saint Caprais et sainte Catherine Labouré.
- Saint André se reconnaît à sa croix en X, avec un filet et des poissons au bas du vitrail.
- Saint Jean tient une plume et un livre ; l’aigle figure à ses pieds.
- Saint Paul porte un glaive, tandis qu’un écritoire rappelle ses lettres.
- Sainte Catherine Labouré est représentée avec la cornette des Filles de la Charité.
Avec des enfants, chercher ces attributs constitue une manière accessible d’observer les œuvres. Dans la chapelle ancienne, regardez également le monogramme de Marie peint au plafond, qui participe à l’identité du lieu.
Une restauration qui redonne sa place au sanctuaire
Le monument a bénéficié d’un important chantier de restauration, après des problèmes d’humidité et de fragilisation des voûtes. Les travaux ont porté notamment sur la gestion de l’eau, le drainage et la consolidation de l’édifice. Le sanctuaire a retrouvé son usage et son accueil du public.
Le chantier a aussi permis de retrouver et de mettre en valeur la source originelle, tout en conservant l’alimentation de la vasque au pied de l’autel. Cette découverte renforce le lien entre le monument visible aujourd’hui et l’histoire de sa fondation.
L’association de sauvegarde poursuit son action pour les œuvres d’art et les vitraux. Laurent Voulzy est le parrain de l’association, engagée dans la préservation et la connaissance du sanctuaire. Des concerts, conférences et visites patrimoniales contribuent également à faire vivre le lieu.
Visite libre, découverte commentée et conseils pratiques
La visite libre est gratuite. Pour approfondir l’histoire, l’architecture et la lecture des vitraux, des visites commentées peuvent être organisées sur réservation. L’association présente notamment des formats pour des groupes de cinq à vingt personnes, avec des tarifs généralement compris entre 5 et 8 € par personne selon l’effectif. Un forfait est prévu pour les petits groupes : demandez la formule correspondant à votre projet.
Le sanctuaire reste un lieu de culte. Adoptez une visite discrète et privilégiez un moment sans célébration pour observer les œuvres. Avant de vous déplacer, faites confirmer les modalités d’ouverture : les différentes pages du site ne présentent pas toutes les mêmes indications.
- Accès : le sanctuaire se trouve au hameau de Lorette, sur la D230. Pour venir en voiture, recherchez Notre-Dame-de-Lorette à Saint-Michel-de-Lapujade.
- Mobilité réduite : un accès PMR est signalé pour l’église primitive. Cette indication concerne la partie ancienne et ne garantit pas l’accès à l’ensemble des deux niveaux ; précisez vos besoins avant la visite.
- Pause à proximité : une aire de pique-nique est recensée sur la fiche touristique du lieu.
- Visite en groupe : convenez à l’avance du contenu, du tarif et des conditions d’accueil avec l’association.
Pour prolonger cette découverte du patrimoine religieux par une escapade plus variée, retrouvez les balades, jardins et découvertes du terroir à Marmande. Vous pourrez associer la visite de Lorette aux paysages de Garonne, au patrimoine et aux saveurs locales.
Enfants & famille
- Convient aux ados 13-17 ans

Où se trouve Eglise Notre-Dame-de-Lorette ?
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Fiche créée le 22/05/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.





