Château de Budos, une forteresse gasconne dressée au milieu des vignes
Budos - Gironde
Contemplez une puissante forteresse médiévale dressée au milieu des vignes. Tours, courtines crénelées et fossés racontent depuis les abords autorisés sept siècles d’histoire, de conflits et de sauvegarde.
Le Château de Budos, une forteresse médiévale au milieu des vignes
Dressées en contrebas du bourg de Budos, les ruines du château forment l’une des silhouettes médiévales les plus saisissantes du Sud-Gironde. La forteresse occupe un plateau peu élevé à flanc de coteau, une implantation inhabituelle qui lui permettait de surveiller la vallée du Ciron et une vaste plaine ouverte vers la Garonne. Tours, courtines crénelées et fossés composent encore un décor puissant, particulièrement photogénique au milieu des vignes.
Il s’agit bien ici du monument historique médiéval, à ne pas confondre avec la propriété viticole portant également le nom de Château de Budos. Le monument appartient à une société privée et sa sauvegarde est confiée à l’association Adichats.
Raymond Guilhem de Budos et l’influence de Clément V
Le château actuel est principalement l’œuvre de Raymond Guilhem de Budos, neveu du pape Clément V. Grâce au soutien de son oncle, il entreprend en 1306 de transformer et fortifier l’ancienne demeure familiale. Le roi d’Angleterre Édouard Ier, alors souverain de la Guyenne, l’autorise à entourer sa maison de murs, de tours et de fossés.
Le plan reprend celui du château pontifical de Villandraut, élevé à la même époque. Cette proximité architecturale n’est pas fortuite : Budos devait associer les fonctions d’une résidence seigneuriale confortable à celles d’une véritable place forte. Les seigneurs de Budos en restent propriétaires jusqu’en 1571, date à laquelle Raymond de La Roque acquiert la seigneurie.
Une architecture entre palais et château fort
L’enceinte dessine un rectangle d’environ 46 mètres sur 56 mètres. Elle était entourée de fossés secs creusés dans le terrain rocheux, atteignant autrefois près de six mètres de profondeur et une douzaine de mètres de largeur. Un pont maçonné précédait le pont-levis de l’entrée principale.
La silhouette médiévale comptait huit tours : trois tours cylindriques, une tour octogonale et quatre tours carrées. L’une des plus remarquables est la haute tour-porte aménagée au centre du front sud-est. Elle conserve les traces de la herse, du pont-levis et des circulations défensives. À chaque angle, les tours fortement saillantes permettaient de surveiller les courtines et les abords du château.
- Les archères en croix pattée témoignent de l’usage de l’arbalète ; certaines ont ensuite été adaptées aux armes à feu.
- Les créneaux et merlons de la courtine nord-ouest sont encore visibles, malgré les transformations ultérieures.
- Les mâchicoulis, bretèches et chemins de ronde illustrent les dispositifs défensifs d’une grande forteresse gasconne.
- Les traces de toitures, baies et arrachements de murs permettent de restituer mentalement les anciens logis disposés autour de la cour.
- La tour octogonale aurait notamment servi de pigeonnier.
Le château possédait aussi une chapelle près de l’entrée, une prison dans la tour nord, un puits dans la cour et des espaces enterrés destinés au stockage des vivres, des poudres ou du matériel défensif. Contrairement à une légende fréquente autour des forteresses, aucune oubliette n’y est attestée.
De la guerre de Cent Ans aux guerres de Religion
Sa position stratégique explique le rôle tenu par Budos pendant plusieurs périodes troublées. Le château change de mains durant la guerre de Cent Ans, lorsque la Guyenne est disputée entre les couronnes de France et d’Angleterre. Il est ensuite adapté à l’artillerie pendant les guerres de Religion : créneaux bouchés, embrasures et ouvertures destinées aux armes à feu témoignent encore de cette évolution.
En 1652, pendant la Fronde, la forteresse subit un assaut sévère. Elle est pillée et ses archives sont incendiées. Elle reste néanmoins propriété de la famille de La Roque jusqu’à la Révolution française.
Un monument démantelé puis sauvé de l’oubli
Déclaré bien national à la Révolution, le domaine est démembré et le château abandonné. Entre 1835 et 1850, une part considérable de ses maçonneries est récupérée comme carrière de pierre, notamment pour des ouvrages aménagés sur le Ciron. Les logis et une partie des enceintes disparaissent alors presque entièrement.
En 1841, l’archéologue, dessinateur et graveur girondin Léo Drouyn alerte la commission départementale des Monuments historiques. Ses relevés et gravures ont conservé une image précieuse du monument avant les destructions les plus importantes. Les ruines et leur sous-sol sont inscrits au titre des Monuments historiques en 1988, puis le château est classé en totalité, avec ses parcelles et vestiges archéologiques, en 2016.
Les chantiers de sauvegarde de l’association Adichats
L’association Adichats est née en 1981 de la mobilisation de jeunes passionnés d’histoire et d’architecture souhaitant remettre en valeur les châteaux de Budos et de Villandraut. Son nom vient d’une formule gasconne employée à la fois pour saluer et prendre congé. Depuis les années 1980, elle organise notamment des chantiers de bénévoles consacrés à la consolidation des maçonneries et à la transmission des techniques du bâti ancien.
Ces campagnes de restauration expliquent pourquoi les ruines demeurent un patrimoine vivant plutôt qu’un simple décor abandonné. Elles réunissent des participants d’origines diverses autour de travaux de sauvegarde, d’activités collectives et d’une initiation à l’architecture ancienne.
Que peut-on voir lors d’une découverte du site ?
Le château est actuellement fermé au public individuel et ne se visite que de l’extérieur. Le chantier et l’intérieur des ruines ne doivent pas être franchis sans autorisation. Cette restriction répond aux impératifs de sécurité d’un édifice ruiné et au déroulement des travaux de restauration, notamment lorsque des bénévoles sont présents.
Depuis les abords autorisés, on peut néanmoins apprécier le front d’arrivée, la tour-porte, les tours d’angle, les courtines et le contraste entre l’architecture défensive et la campagne viticole. La commune propose également une visite panoramique virtuelle à 360°, utile pour mieux comprendre l’organisation de l’ensemble.
Des visites guidées peuvent être organisées avec l’association Adichats, en particulier pour les groupes de plus de quinze personnes. Une demande préalable est alors indispensable afin de connaître les possibilités d’accès, le contenu de la visite, le tarif éventuel et les consignes de sécurité.
Un paysage entre Ciron, Graves et vallée de la Garonne
Le monument domine une plaine qui s’étend sur plusieurs kilomètres. Le Ciron coule à environ 1,2 kilomètre au sud-est avant de rejoindre la Garonne vers Barsac et Preignac. La présence des vignes rappelle que Budos appartient au territoire des Graves, à proximité immédiate du Sauternais.
À quelque 300 mètres à l’ouest des ruines se trouve un curieux petit édifice circulaire appelé « la Chinoise » en raison de son toit conique évoquant un chapeau. Cette construction voûtée pourrait être une ancienne glacière. Elle ajoute une énigme patrimoniale intéressante aux environs du château.
Conseils pour préparer sa venue
- Rester strictement à l’extérieur des clôtures et respecter la signalétique du chantier.
- Observer les ruines depuis les espaces autorisés sans escalader les murs ni descendre dans les fossés.
- Prévoir des chaussures adaptées aux abords ruraux et une protection contre le soleil ou la pluie.
- Privilégier une lumière matinale ou de fin de journée pour photographier les tours et les courtines.
- Contacter à l’avance l’association gestionnaire pour toute demande de visite guidée en groupe.
Le château se situe au nord du bourg, le long de la route reliant Budos à Pujols-sur-Ciron. Aucun horaire régulier de visite intérieure n’est publié, puisque le monument reste fermé au public hors visites expressément organisées.
Prolonger la sortie dans les environs
Une journée dans le secteur peut associer patrimoine médiéval et vignoble en poursuivant vers le Château Caillou. Pour varier les plaisirs avec une activité plus sportive, Osmosia Wakepark offre une autre idée de sortie à proximité.
Les voyageurs poursuivant ensuite vers la métropole bordelaise peuvent consulter les activités culturelles et sorties à Talence, entre patrimoine, musées, jardins, expériences immersives et balades à vélo.
Enfants & famille
- Convient aux ados 13-17 ans

Animaux
- Oui
Où se trouve Château de Budos ?
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Fiche créée le 21/06/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.






