Tours de Carbonnières à Goulles, castrum médiéval caché dans la forêt
Goulles - Corrèze
Explorez deux tours médiévales surgissant d’une forêt de Xaintrie, avec ruines de village, architecture seigneuriale et légende de Catarina.
Deux tours médiévales cachées dans la Xaintrie
À Goulles, au sud de la Corrèze, les Tours de Carbonnières surgissent au milieu d'une vallée boisée de Xaintrie, sur un éperon rocheux dominant la Bedaine et non loin de la Maronne. Le site ne ressemble pas à un château restauré : on découvre ici les vestiges d'un véritable castrum médiéval, composé de deux hautes tours carrées en granit et des ruines d'un ancien village installé à leurs pieds.
L'accès est libre et gratuit. La découverte se fait en autonomie, par un chemin balisé qui traverse la forêt et conduit progressivement aux ruines. Des panneaux d'interprétation permettent de comprendre l'organisation de la forteresse et du village. Le parcours de visite est annoncé autour de 40 minutes et comporte quelques dénivelés : de bonnes chaussures sont recommandées, surtout lorsque le sol est humide.
Un castrum partagé entre les Carbonnières et les Montal
L'occupation du site remonte au premier âge féodal. Les premières installations étaient probablement constituées de constructions modestes en bois avant l'édification des tours de pierre encore visibles aujourd'hui. Carbonnières devient ensuite le siège d'une co-seigneurie liée notamment aux familles de Carbonnières et de Montal, deux lignages importants de la Xaintrie médiévale.
La famille de Montal s'implante sur le site autour du XIIIe siècle à la faveur d'une alliance avec les Carbonnières. Le village castral développé sous les tours abritait des habitations mais aussi des fonctions qui témoignent d'une communauté structurée. Les vestiges et les textes évoquent notamment une chapelle dédiée à Sainte-Catherine, une étude notariale et une maladrerie.
Au fil du Moyen Âge, le rôle du castrum décline. Les tours cessent progressivement d'être des résidences seigneuriales permanentes et le site perd de son importance au profit d'autres places fortes de la région, en particulier le proche castrum de Merle. Le village, lui, perdure bien plus longtemps avant d'être progressivement déserté au cours du XXe siècle.
La Bistorg, une tour avant tout défensive
La tour située au sud est la plus ancienne et la plus spectaculaire par son état de ruine. Surnommée la Bistorg, terme associé à l'idée d'une tour « de biais » ou penchée, elle occupait une position stratégique à l'entrée de l'éperon. Cette implantation et son architecture austère indiquent une fonction essentiellement défensive.
Comme l'autre tour, elle possédait une salle basse et plusieurs niveaux desservis par un escalier à vis. Son confort était limité, avec peu d'ouvertures et aucun des aménagements résidentiels que l'on retrouve dans la tour nord. Pendant les guerres de Religion, son angle sud-est fut gravement endommagé par des tirs de canon ; ses faces sud et est sont aujourd'hui largement effondrées.
La tour nord, résidence des seigneurs
La tour nord est mieux conservée et révèle une fonction beaucoup plus résidentielle. Son architecture comporte des éléments de confort absents de la tour défensive : fenêtres aménagées avec coussièges, cheminées et latrines en encorbellement. Son entrée se trouvait plusieurs mètres au-dessus du sol, un dispositif défensif fréquent dans les maisons fortes médiévales.
Les deux tours, séparées d'une vingtaine de mètres environ, formaient ainsi un ensemble complémentaire : l'une contrôlait l'accès tandis que l'autre servait davantage de résidence. Le ministère de la Culture décrit chacune comme composée d'une salle basse surmontée de trois étages desservis par un escalier à vis.
Un village abandonné encore lisible dans la forêt
La visite ne se limite pas aux deux silhouettes de granit. Autour de l'éperon et sous les tours subsistent les traces d'un village castral. Murs effondrés, anciennes constructions et plateformes permettent encore de deviner l'organisation d'un petit bourg autrefois protégé par les seigneurs de Carbonnières.
Au XIXe siècle, une quinzaine de constructions étaient encore recensées dans le secteur. Le peuplement diminue ensuite fortement et le hameau finit par être abandonné au XXe siècle. La végétation a depuis repris une grande partie des lieux, ce qui donne aujourd'hui au site une atmosphère singulière : les ruines semblent émerger directement de la forêt.
La légende de Catarina, guérisseuse de Carbonnières
Carbonnières possède également sa légende. La tradition locale raconte l'histoire de Catarina, une jeune femme mystérieuse arrivée dans le village alors que la maladie frappait les habitants. Elle aurait possédé une grande connaissance des plantes médicinales, soigné hommes et animaux et aidé les femmes à accoucher.
Ses talents auraient fini par susciter la méfiance d'une partie du village, qui la considérait comme une sorcière. Le récit associe également Catarina à un jeune seigneur nommé Bertrand et prend une tournure tragique. Cette histoire relève de la légende plutôt que du fait historique établi, mais elle fait désormais partie de l'identité du lieu et nourrit plusieurs balades et animations consacrées aux « secrets » de Carbonnières.
Une visite libre dans un Monument historique
Les ruines des Tours de Carbonnières sont inscrites au titre des Monuments historiques depuis 1970 et appartiennent à la commune de Goulles. Le site est accessible librement et gratuitement tout au long de l'année. Il ne fonctionne donc pas comme un château doté d'une billetterie ou d'horaires de visite intérieure.
Des visites guidées peuvent être organisées sur rendez-vous, mais la formule habituelle reste la découverte autonome. Des toilettes et un parking destiné notamment aux autocars sont signalés à proximité. Les animaux sont acceptés sur le site.
Le Secret de Carbonnières : une balade familiale
Pour découvrir les tours dans leur paysage, Corrèze Tourisme référence la boucle Le Secret de Carbonnières, au départ du secteur d'Auyères. L'itinéraire est classé facile, mesure environ 2,4 km et présente un dénivelé positif d'environ 157 m. Une courte variante permet de rejoindre directement les tours depuis le parcours principal.
La forêt joue un rôle important dans l'expérience. Le sentier alterne chemins ombragés, vues sur les tours et passages plus pentus. Malgré le classement facile de la randonnée, le relief et les pierres peuvent demander de l'attention avec de jeunes enfants ou après la pluie.
Relier Carbonnières aux Tours de Merle
Les amateurs de patrimoine médiéval peuvent prolonger la découverte vers les Tours de Merle, autre grand castrum de la vallée de la Maronne situé à quelques kilomètres. Un ancien chemin relie historiquement les deux ensembles fortifiés à travers un terrain parfois escarpé.
Cette proximité permet de comprendre l'organisation médiévale de la Xaintrie, territoire où plusieurs familles seigneuriales contrôlaient vallées, passages et terres depuis des promontoires difficiles d'accès. Carbonnières offre une expérience plus sauvage et libre, tandis que Merle permet une visite patrimoniale plus aménagée.
Préparer une escapade entre Xaintrie et Tulle
La découverte des Tours de Carbonnières s'intègre particulièrement bien dans une journée consacrée aux paysages et au patrimoine de la Corrèze méridionale. Prévoyez de bonnes chaussures, de l'eau et suffisamment de temps pour profiter des ruines sans vous limiter à un simple aller-retour jusqu'aux tours.
Pour poursuivre le séjour vers la préfecture corrézienne, notre sélection consacrée à Tulle, ses activités et ses idées de sorties permet de compléter l'escapade entre patrimoine, accordéon, cascades, spectacles et loisirs en famille.
Enfants & famille
- Convient aux enfants 7-12 ans
- Convient aux ados 13-17 ans

Animaux
- Oui
Infos pratiques
Voir sur la carteOù se trouve Tours de Carbonnières ?
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Fiche créée le 24/06/2025, dernière mise à jour le 21/07/2026.






