Puymirol : bastide médiévale, remparts et panoramas sur le Pays de Serres
Puymirol - Lot-et-Garonne
Perchée au-dessus de la vallée de la Séoune, Puymirol dévoile son plan de bastide médiévale, ses cornières, ses remparts et de vastes panoramas sur l’Agenais. Une halte paisible où l’histoire militaire se lit encore dans les rues.
Puymirol, première bastide de l’Agenais
Perchée sur un éperon calcaire dominant la vallée de la Séoune, Puymirol est considérée comme la première ville nouvelle médiévale de l’Agenais. Le village conserve un plan régulier, des rues anciennes, une place à cornières et les traces de son enceinte défensive. Depuis les rebords du plateau, le regard porte largement sur les coteaux et la campagne du Pays de Serres.
La découverte est libre et gratuite. Un parcours historique de neuf panneaux commence sur la place centrale et raconte les grandes étapes de la bastide. Il constitue une bonne introduction avant de parcourir la rue Royale, les arcades, l’église et le chemin établi au pied des anciens remparts.
Du Podium ad Mirandum au Grand Castel
Le site était anciennement appelé Podium ad Mirandum, expression évoquant un mont visible de loin ou un promontoire d’observation. Des foires et marchés y sont déjà mentionnés au début du XIIe siècle. En 1246, Raymond VII, comte de Toulouse, fonde la bastide et tente de lui donner le nom de Grand Castel. L’ancienne appellation s’impose toutefois de nouveau pour devenir Puymirol.
La cité est organisée autour d’un axe principal traversant la place des Cornières et reliant les accès oriental et occidental. Son enceinte suivait les falaises calcaires du promontoire, à environ 153 mètres d’altitude. Quatre portes fortifiées, un château comtal et une église complétaient ce dispositif stratégique, réputé difficile à prendre.
Puymirol joue ensuite un rôle militaire pendant la guerre de Cent Ans. Lors des guerres de Religion, les protestants occupent la place et Henri de Navarre fait édifier une citadelle dotée de treize tours. Louis XIII ordonne plus tard l’abaissement des fortifications afin de neutraliser ce point de résistance. En récompense de sa fidélité à la couronne, Louis XIV accorde à la ville un blason représentant notamment une citadelle à trois tours.
Un itinéraire à pied dans la bastide
La place des Cornières et la rue Royale
La place centrale reste le cœur du village. Ses cornières, passages couverts typiques des bastides du Sud-Ouest, rappellent les marchés qui faisaient autrefois la prospérité de Puymirol. La rue Royale prolonge cet axe commerçant historique et conduit vers la porte de la Citadelle.
Dans les rues d’Orléans et Lafayette, plusieurs maisons du XVIIIe siècle présentent encore des ouvertures en plein cintre, associées aux anciens entrepôts à blé, ainsi que des façades en ogive correspondant à d’anciennes boutiques. Il faut prendre le temps d’observer les encadrements, les caves et les changements de niveau imposés par le rocher.
Notre-Dame du Grand-Castel
L’église primitive fut construite en même temps que la bastide, puis presque entièrement détruite pendant les guerres de Religion. Le clocher et le portail furent épargnés avant une reconstruction menée au XVIIe siècle. Le porche est protégé au titre des monuments historiques, tout comme l’ensemble de l’édifice. L’église témoigne ainsi à la fois de la fondation médiévale et des reconstructions consécutives aux conflits religieux.
La tour Ficat, du guet à la prison
La tour Ficat est présentée comme le dernier vestige du château de la Citadelle. Employée comme tour de guet et forteresse pendant la guerre de Cent Ans, elle aurait résisté à plusieurs assauts anglais. Elle servit ensuite de logement au bourreau, auquel il était interdit d’habiter dans la bastide, puis de prison cantonale. Cette succession d’usages en fait l’une des anecdotes les plus marquantes du parcours.
Le chemin de ronde et les panoramas
Le chemin qui contourne presque toute la bastide fut creusé et aménagé après la Révolution pour faciliter la circulation des charrettes. Long d’environ 1,4 kilomètre, il longe le pied des remparts et révèle les falaises sur lesquelles repose le bourg. Certaines parois conservent les marques d’extraction laissées lorsque le secteur servait de carrière au XIXe siècle.
Ce tour relativement court offre plusieurs points de vue sur la vallée de la Séoune et les plateaux calcaires environnants. Les passages irréguliers et les différences de niveau demandent cependant de bonnes chaussures.
Sources, puits et patrimoine rural
Trois puits communaux furent creusés dès la création de la bastide. Leur profondeur atteint environ trente mètres, une nécessité pour aller chercher l’eau depuis le sommet du promontoire. En contrebas, le lavoir Saint-Seurin occupe une partie de l’emplacement de l’ancienne église détruite pendant les guerres de Religion. Une source détournée alimente encore le petit édifice et son bassin.
Les fontaines du Rajol et de la Comtal furent directement creusées dans la roche calcaire, probablement pour abreuver les chevaux. Le château d’eau, dont la silhouette évoque aujourd’hui un donjon, est devenu un repère visible depuis la campagne.
En dehors du bourg, le moulin de la Prade a retrouvé ses ailes. Il prenait autrefois le relais du moulin hydraulique d’Auzel lorsque le débit de la Séoune devenait insuffisant. Le territoire communal compte également de nombreux pigeonniers, anciens signes de richesse rurale.
Musée minéralogique et randonnées
Puymirol possède un petit musée consacré aux roches cristallines et aux minéraux, complété par une collection d’outils anciens de la vigne. Ce lieu fait écho au promontoire calcaire et au thème de la pierre omniprésent dans la bastide. Son ouverture n’étant pas permanente, il convient de se renseigner avant la visite.
Les marcheurs peuvent prolonger le circuit urbain par une randonnée balisée d’environ sept kilomètres autour du village. Elle associe le plan médiéval, les remparts, les paysages agricoles et les panoramas du Pays de Serres. Des traces et une fiche de parcours sont proposées par l’organisme touristique départemental.
Conseils pour visiter Puymirol
- Durée : prévoir au moins une heure pour les neuf panneaux et les principaux monuments, davantage pour effectuer le chemin de ronde ou visiter le musée.
- Accès : Puymirol se trouve à environ quinze kilomètres à l’est d’Agen. La voiture reste la solution la plus simple ; des zones de stationnement sont indiquées autour du bourg.
- Confort : des tables de pique-nique et plusieurs belvédères sont répartis dans le village. Une boulangerie, un bar-restaurant et d’autres commerces permettent de compléter la halte.
- Accessibilité : l’office de tourisme classe la bastide comme non accessible aux personnes à mobilité réduite. Le relief, le chemin sous les remparts et certaines rues en pente peuvent effectivement compliquer la circulation.
- Familles : les panneaux historiques offrent un fil conducteur simple. La commune dispose aussi de terrains de pétanque en accès libre, de courts de tennis, d’un lac et d’une piscine municipale saisonnière.
- Animaux : ils sont indiqués comme bienvenus dans la bastide. Une laisse reste recommandée dans les rues, autour des monuments et à proximité des autres promeneurs.
Une excursion patrimoniale depuis Agen
Puymirol constitue une halte facile à associer à un séjour dans l’Agenais. Pour enrichir la journée avec des parcs, des promenades au bord de la Garonne, du patrimoine urbain ou des loisirs couverts, consultez les activités et sorties en famille à Agen.
Enfants & famille
- Convient aux enfants 4-6 ans
- Convient aux enfants 7-12 ans
- Poussette OK

Animaux
- Oui
Où se trouve Puymirol ?
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Fiche créée le 18/10/2025, dernière mise à jour le 18/10/2025.






