Eglise Saint Siméon à Bouliac, sculptures romanes et panorama sur Bordeaux
Bouliac - Gironde
Sur les hauteurs de Bouliac, l’église Saint-Siméon dévoile un remarquable bestiaire roman, des vestiges défensifs et des peintures murales. Son esplanade ouvre en prime un vaste panorama sur Bordeaux et la vallée de la Garonne.
Un joyau roman sur le balcon de Bordeaux
Perchée sur les hauteurs de Bouliac, l’église Saint-Siméon domine la vallée de la Garonne et l’agglomération bordelaise. La visite associe deux plaisirs complémentaires : la découverte d’un édifice majeur de l’art roman de l’Entre-deux-Mers et le panorama offert par l’esplanade. Depuis ce promontoire culminant à environ 76 mètres, le regard porte largement sur Bordeaux et sa métropole.
Toujours affectée au culte catholique, l’église se découvre librement et gratuitement lorsqu’aucune célébration n’est en cours. Elle accueille aussi ponctuellement des concerts et participe à la vie culturelle du village.
Des origines antiques à la légende des prêtres défunts
L’histoire du lieu précède largement l’édifice actuel. Une nécropole établie autour de l’église atteste une occupation dès l’époque gallo-romaine, tandis que des sarcophages mérovingiens et carolingiens ont été retrouvés à plusieurs reprises. Les fouilles menées lors de travaux ont également révélé les fondations d’un bâtiment religieux plus ancien sous le chœur roman.
Au VIe siècle, Grégoire de Tours mentionne la basilique primitive de Bouliac comme un lieu de miracle. Deux prêtres auraient été enterrés dans le sanctuaire. Selon le récit transmis, leurs voix se mêlaient aux chants des clercs lorsque ceux-ci commençaient à psalmodier. Cette tradition fait de Saint-Siméon l’un des plus anciens sites chrétiens documentés aux portes de Bordeaux.
L’église actuelle est élevée au XIIe siècle et dédiée à saint Siméon le Stylite. Elle est bâtie à l’emplacement de l’ancien sanctuaire, lui-même associé à une occupation gallo-romaine. Sa valeur patrimoniale lui vaut d’être classée au titre des Monuments historiques dès 1862.
Un remarquable programme de sculptures médiévales
Le portail occidental, le chevet et ses chapiteaux constituent les parties les plus précieuses de l’église romane. Le décor aurait été réalisé au cours de plusieurs campagnes par des sculpteurs proches de l’atelier de l’abbaye de La Sauve-Majeure. Les visiteurs peuvent observer des motifs végétaux, des animaux affrontés, des oiseaux buvant dans un calice, des serpents entrelacés et de nombreux modillons disposés sous la corniche.
Ces sculptures ne sont pas de simples ornements. Elles composent une véritable leçon morale médiévale où les passions humaines, le péché et la lutte contre le Mal prennent la forme de lions, de dogues, de monstres ou de personnages fantastiques. Parmi les scènes les plus évocatrices figurent :
- Daniel dans la fosse aux lions, accompagné du prophète Habacuc ;
- la tentation, la chute puis l’expulsion d’Adam et Ève ;
- un ange terrassant un dragon ailé ;
- un centaure décochant une flèche contre un démon ;
- des dompteurs de lions illustrant la maîtrise ou, à l’inverse, la domination des passions.
Pour apprécier ces détails, il est utile de commencer par le portail, puis de contourner l’édifice afin d’examiner les fenêtres, chapiteaux et modillons du chevet avant d’entrer dans la nef.
L’église fortifiée par Pey Berland
Pendant la guerre de Cent Ans, Bouliac se trouve dans un territoire exposé aux tensions entre les couronnes de France et d’Angleterre. Pey Berland, alors curé du village avant de devenir archevêque de Bordeaux, fait restaurer et fortifier l’église au début du XVe siècle pour offrir un refuge à la population.
Le sanctuaire reçoit alors un clocher défensif, un chemin de ronde, une barbacane et une chambre forte au-dessus de l’abside. Une partie de ces aménagements a disparu, mais des archères et des traces de la fortification restent visibles. En 1649, l’édifice résiste encore aux troubles opposant le duc d’Épernon au Parlement de Bordeaux.
Désaffectée pendant la Révolution française, l’église ne rouvre qu’en 1823. Une vaste campagne de restauration commence au XIXe siècle : le clocher médiéval est détruit, le clocher actuel est construit vers 1870 et une nouvelle sacristie achève les travaux quelques années plus tard.
Peintures murales, tableaux, orgue et cloches
L’intérieur juxtapose les chapiteaux romans du chœur et un décor largement enrichi au XIXe siècle. Les peintres Boudon et Vernay réalisent en 1896 deux longues séries de peintures murales dans la nef. Les scènes du côté nord développent le thème de l’amour dû à Dieu ; celles du côté sud évoquent l’amour du prochain. Pey Berland y apparaît notamment faisant construire la tour qui porte son nom près de la cathédrale de Bordeaux.
La galerie de tableaux conserve une copie de la Vierge aux donateurs d’Antoine van Dyck, réalisée par Ernestine Froidure de Pelleport et offerte par Napoléon III en 1860. Une toile d’Agostino Scilla, représentant Jésus chez Marthe et Marie, date du XVIIe siècle. Le mobilier comprend également des statues anciennes, dont une Vierge à l’Enfant en bois et une représentation de saint Martin.
L’orgue de tribune est construit en 1896 par le facteur bordelais Gaston Maille. Sa disposition en deux parties reliées par la console est particulièrement originale. Restauré au début des années 2010, il est de nouveau inauguré et béni en 2013. Le clocher abrite quatre cloches : trois datent de 1878 et la plus ancienne remonte à la fin du XVIIIe siècle.
Conseils pour une visite attentive
- Prévoir un passage en journée, l’église étant habituellement ouverte quotidiennement mais susceptible de fermer pour une cérémonie ou une nécessité paroissiale.
- Respecter le silence pendant les offices et différer la visite touristique lorsqu’une célébration est en cours.
- Observer les sculptures avec des jumelles compactes ou le zoom d’un appareil photo, certains modillons étant placés assez haut.
- Faire le tour extérieur complet pour voir le chevet roman et les vestiges défensifs.
- Prolonger la découverte sur l’esplanade, particulièrement agréable lorsque la visibilité permet d’embrasser Bordeaux et la vallée de la Garonne.
Accès, stationnement et mobilité réduite
L’église occupe le centre ancien de Bouliac, dans une zone en grande partie piétonne. Les lignes de bus TBM 24 et 25 desservent la commune ; une courte marche peut être nécessaire selon l’arrêt choisi. En voiture, des possibilités de stationnement se trouvent près de la mairie et autour du bourg, mais pas directement à l’intérieur de l’enceinte de l’établissement.
L’entrée de l’église et le chemin extérieur sont de plain-pied, avec un revêtement adapté aux fauteuils roulants. Des places de stationnement adaptées et réservées sont signalées à proximité. L’accès en véhicule jusqu’à la zone piétonne peut être organisé pour certaines célébrations ou en cas de nécessité. L’accessibilité reste toutefois partielle, notamment parce que les sanitaires ne sont pas adaptés et qu’aucun dispositif de guidage sensoriel ou d’assistance permanente n’est annoncé.
Compléter la sortie autour de Bordeaux
Après ce patrimoine roman, les environs permettent de varier les expériences. Les amateurs d’architecture viticole peuvent poursuivre vers le Château La Louvière, tandis qu’une soirée au cabaret Le Grain d’Folie apporte une touche de spectacle à l’escapade. Pour composer une journée plus large entre patrimoine bordelais, musées, jardins et balades à vélo, retrouvez également les idées de sorties culturelles à Talence.
Enfants & famille
- Convient aux ados 13-17 ans

Où se trouve Eglise Saint Siméon ?
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Fiche créée le 18/05/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.






