Basilique Notre-Dame de Verdelais, neuf siècles de pèlerinages, d’art et de légendes
Verdelais - Gironde
Sanctuaire marial vivant depuis le Moyen Âge, la basilique Notre-Dame de Verdelais mêle chœur baroque, Vierge polychrome, vitraux et étonnante collection d’ex-voto. Légendes, pèlerinages et dévotion populaire donnent une profondeur particulière à ce monument de l’Entre-deux-Mers.
Basilique Notre-Dame de Verdelais : neuf siècles de pèlerinage en Gironde
Au milieu des coteaux viticoles de l’Entre-deux-Mers, la basilique Notre-Dame de Verdelais forme le cœur d’un remarquable ensemble religieux composé d’un ancien couvent, d’un musée d’art sacré, d’un chemin de croix et d’un calvaire dominant la vallée de la Garonne. Dédié à Marie sous le vocable de Consolatrice des Affligés, le sanctuaire accueille des pèlerins depuis le Moyen Âge, mais aussi des visiteurs attirés par son architecture, ses ex-voto et ses légendes.
Classée monument historique dans sa totalité, la basilique juxtapose des murs médiévaux, un chœur baroque et de vastes transformations du XIXe siècle. Elle demeure un lieu de culte vivant : la découverte touristique doit donc respecter les offices, les prières et les temps de silence.
Le vœu d’un croisé à l’origine du sanctuaire
Selon la tradition, l’histoire commence pendant la première croisade. Pris dans un combat périlleux, le chevalier Géraud de Graves, originaire de Saint-Macaire, promet d’élever une chapelle à la Vierge s’il revient vivant. Retiré vers 1112 dans la vallée boisée du Luc, il aurait construit un modeste sanctuaire et installé une statue rapportée de Terre sainte ou sculptée de sa main.
Après sa mort, les moines grandmontains prennent possession des lieux et bâtissent un couvent. Un premier miracle est rapporté dès 1185 : un adolescent aveugle de naissance aurait retrouvé la vue pendant une messe. Ces récits nourrissent progressivement la renommée de Verdelais et attirent des pèlerins venus de toute la Guyenne.
Il convient de distinguer la statue légendaire de l’œuvre aujourd’hui présentée dans la basilique. La Vierge à l’Enfant actuelle, en bois de châtaignier polychrome, date de la fin du XIIIe ou du début du XIVe siècle. Jésus y est représenté souriant vers sa mère, un oiseau entre les mains. Le manteau de la statue change selon les fêtes liturgiques.
Le Pas de la Mule et les sauvetages de la statue
L’histoire de Notre-Dame de Verdelais est jalonnée de destructions et de redécouvertes. Pendant les conflits avec les Anglais, la chapelle est pillée et la statue cachée dans un caveau maçonné. La tradition raconte qu’en 1390 la mule de la comtesse Isabelle de Foix s’immobilisa dans la forêt et imprima son fer dans une pierre. Sous celle-ci aurait été retrouvée la statue intacte : c’est la légende du Pas de la Mule.
Jetée dans les flammes durant les guerres de Religion, la statue aurait une nouvelle fois échappé à la destruction, avant d’être dissimulée dans un arbre. Un bœuf, qui venait chaque soir s’agenouiller et mugir devant le tronc, aurait permis de la retrouver au début du XVIIe siècle. Pendant la Révolution, le refus du sacristain puis d’un maçon de la décrocher conduisit encore à sa mise à l’abri.
Ces épisodes sont racontés par les vitraux et expliquent la place centrale de la statue dans la dévotion locale. Le site du Pas de la Mule, avec sa fontaine et son groupe commémoratif, peut compléter la visite du bourg.
Du chœur baroque au grand chantier du XIXe siècle
Après le départ des Grandmontains, les Célestins reçoivent le sanctuaire en 1627. Ils restaurent et agrandissent l’église, aménagent le transept et donnent au chœur son caractère baroque. Celui-ci prend l’essentiel de son aspect actuel au XVIIe siècle. L’ancien monastère voisin accueille désormais notamment la mairie et le musée d’art sacré.
Au XIXe siècle, le cardinal Donnet et les Pères maristes entreprennent une transformation majeure. La nef est restaurée, des bas-côtés et un narthex sont construits, la façade reçoit les statues de saint Joseph, saint Jean, saint Dominique et saint Simon Stock, tandis qu’un clocher monumental s’élève au-dessus du parvis. À son sommet, une Vierge en cuivre doré haute de 3,75 mètres, réalisée par le sculpteur Duchaîne, domine le village. Sa dorure a été renouvelée avec quelque 2 500 feuilles d’or.
En 1856, les couronnes offertes par le pape Pie IX sont posées sur la Vierge et l’Enfant devant une foule annoncée de 30 000 pèlerins. Napoléon III offre le grand vitrail de façade représentant le couronnement de Marie. Le rayonnement du lieu conduit finalement le pape Pie XI à élever l’église au rang de basilique mineure en 1924.
Que regarder à l’intérieur de la basilique ?
- La statue de Notre-Dame, placée au centre de la dévotion et reconnaissable à son manteau liturgique.
- Le chœur et son retable baroque, hérités des transformations conduites par les Célestins.
- Les vitraux narratifs, qui illustrent l’histoire et les légendes du pèlerinage.
- Les ex-voto, parmi lesquels des tableaux naïfs, des plaques de remerciement, des cœurs et des témoignages liés au monde maritime.
- Le reliquaire de sainte Exupérantia, jeune martyre romaine dont les reliques furent confiées au sanctuaire au XIXe siècle.
- Les autels latéraux consacrés notamment au Sacré-Cœur, à sainte Anne et à saint Joseph.
Les ex-voto constituent l’un des aspects les plus émouvants de la visite. Ils conservent la mémoire de guérisons attribuées à la Vierge, de marins revenus sains et saufs ou de familles venues remercier après une épreuve. Leur accumulation transforme l’édifice en chronique collective de plusieurs siècles de dévotion.
Chemin de croix, calvaire et panorama sur la Garonne
Depuis la basilique, un escalier longe le cimetière où repose Henri de Toulouse-Lautrec, puis rejoint le chemin pierreux du mont Cussol. Les quatorze stations conduisent à une grande chapelle du Saint-Sépulcre et au calvaire. Les trois croix métalliques, hautes de douze mètres, remplacèrent au XIXe siècle des croix de bois endommagées par un orage.
Cette montée prolonge idéalement la visite pour les personnes correctement chaussées. Le sommet offre une vue sur la vallée de la Garonne, le vignoble et le moulin de Cussol. Le parcours extérieur comporte toutefois des marches, une pente et un sol irrégulier : son accessibilité ne doit pas être confondue avec celle de l’intérieur de la basilique.
Une boucle pédestre permet aussi de relier le sanctuaire, le moulin, le Pas de la Mule et plusieurs lieux associés à François Mauriac, qui passa une partie de son enfance dans ce paysage et décrivit Verdelais comme un fil traversant l’histoire de France. Pour les familles, un livret-jeu destiné aux enfants accompagne un circuit autour des principaux monuments du village.
Musée d’art sacré et accueil des visiteurs
Installé dans une aile de l’ancien couvent des Célestins, le musée d’art sacré conserve orfèvrerie, chasubles, statues en bois, missels, cœurs d’argent et ex-voto peints ou marins. Créé pour préserver les dons accumulés par le sanctuaire, il se visite sur rendez-vous avec une participation libre.
La basilique est accessible toute l’année et la découverte individuelle ne nécessite pas de réservation. Une visite commentée doit en revanche être organisée à l’avance. Le centre spirituel voisin possède une hôtellerie, un oratoire, des salles de réunion, un parc destiné aux groupes et une petite boutique. Un parking gratuit est signalé à proximité.
L’accès de la basilique est annoncé comme adapté aux personnes à mobilité réduite, sans précision suffisante pour garantir l’accessibilité de l’ensemble du sanctuaire. Les visiteurs concernés ont intérêt à vérifier en amont les conditions exactes, notamment pour le musée, le chemin de croix et les autres espaces extérieurs.
Une étape culturelle au cœur du vignoble girondin
Verdelais peut s’intégrer à une journée entre Saint-Macaire, les coteaux de la Garonne, le domaine de Malagar et les vignobles voisins. Pour prolonger l’escapade vers une autre grande destination patrimoniale, la sélection consacrée à Saint-Émilion, sa cité médiévale, ses vignobles et ses monuments souterrains permet de composer un itinéraire associant spiritualité, architecture et paysages viticoles.
Enfants & famille
- Convient aux enfants 7-12 ans
- Convient aux ados 13-17 ans

Où se trouve Basilique Notre-Dame de Verdelais ?
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Fiche créée le 29/03/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.






