Site Naturel des Tourbières de Vendoire, immersion dans une zone humide remarquable
Vendoire - Dordogne
Au cœur d’une vallée humide préservée, les Tourbières de Vendoire dévoilent passerelles, anciens bassins de tourbe et biodiversité remarquable. Papillons rares, cistude d’Europe et histoire des tourbiers rythment une promenade paisible et pédagogique.
Une zone humide exceptionnelle aux confins du Périgord
À la limite de la Dordogne et de la Charente, les Tourbières de Vendoire forment un îlot naturel d’une soixantaine d’hectares dans la vallée de la Lizonne, également appelée Nizonne. Leur mosaïque d’étangs, de prairies humides, de roselières et d’anciens bassins d’extraction compose un paysage très différent des terres cultivées environnantes.
Le site appartient au réseau Natura 2000 de la vallée de la Nizonne et figure parmi les espaces naturels remarquables du département. Il est géré avec le Conservatoire d’espaces naturels et le Syndicat de rivières du bassin de la Dronne afin de préserver son fonctionnement écologique tout en permettant sa découverte par le public.
Comment les tourbières se sont-elles formées ?
L’histoire naturelle du lieu commence il y a environ 10 000 ans, à la fin de la dernière période glaciaire. Les débordements de la Lizonne ont entretenu une eau stagnante au-dessus d’une couche d’argile imperméable. Dans ce milieu pauvre en oxygène, les mousses et autres végétaux morts ne se sont pas entièrement décomposés : leur accumulation très lente a progressivement produit la tourbe.
Vendoire présente la particularité d’abriter une tourbière basique ou alcaline, alimentée par des eaux riches en minéraux. Ce type de milieu, devenu rare dans la région, accueille une flore et une faune étroitement dépendantes de l’humidité.
Les tourbières jouent aussi un rôle important dans la régulation de l’eau et le stockage du carbone. À surface égale, elles peuvent retenir beaucoup plus de carbone qu’une forêt. Leur drainage ou leur exploitation libère cependant une partie de ce stock et perturbe les habitats naturels, d’où l’importance des mesures actuelles de restauration.
Des tourbiers du Moyen Âge aux années 1950
Le paysage visible aujourd’hui porte les traces d’une longue activité humaine. L’extraction de la tourbe est attestée depuis le Moyen Âge et s’est poursuivie jusqu’aux années 1950. Utilisée comme combustible, la matière était prélevée après le creusement de fossés destinés à évacuer temporairement l’eau.
À l’aide d’un outil appelé louchet, les tourbiers découpaient de longues briques de tourbe. Plusieurs niveaux pouvaient être extraits au même endroit, parfois jusqu’à plusieurs mètres de profondeur. Les blocs étaient ensuite mis à sécher ; ils perdaient alors environ les trois quarts de leur poids. Le transport à la brouette était souvent assuré par les femmes.
La production pouvait atteindre plusieurs milliers de briques en une journée. Les anciens bassins d’extraction, aujourd’hui remplis d’eau et recolonisés par la végétation, sont devenus des habitats essentiels. Le parcours d’interprétation évoque également le rôle de refuge joué par cet environnement isolé durant des périodes difficiles, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale.
Un refuge pour les papillons, la loutre et la cistude
Les Tourbières de Vendoire présentent un intérêt international pour les papillons, avec plus d’une centaine d’espèces signalées. Parmi les plus remarquables figurent le Fadet des laîches, le Cuivré des marais et l’Azuré de la sanguisorbe.
Le cycle de ce dernier constitue l’une des grandes curiosités du site. La femelle dépose ses œufs sur la sanguisorbe officinale. Après l’éclosion, la chenille tombe au sol et produit une odeur qui trompe certaines fourmis du genre Myrmica. Celles-ci la transportent dans leur fourmilière, où elle passe l’hiver avant de se métamorphoser.
La germandrée des marais, le pigamon jaune, la gentiane pneumonanthe et différentes plantes aquatiques complètent cette flore spécialisée. Avec de la patience, il est également possible d’observer des libellules, des oiseaux des roselières ou des traces d’espèces discrètes comme la Loutre d’Europe. Les eaux et leurs abords accueillent aussi la Cistude d’Europe, une tortue protégée.
Découvrir le site à pied
Les sentiers aménagés et les passerelles permettent de s’avancer au milieu de la zone humide sans piétiner les habitats les plus fragiles. Le parcours numérique Dorie propose une boucle d’environ un kilomètre, réalisable en une trentaine de minutes hors temps d’observation. Ses étapes expliquent la formation de la tourbe, son exploitation, les espèces emblématiques et les actions de conservation.
Il est toutefois préférable de prévoir davantage de temps pour lire les supports, écouter les oiseaux et observer les bassins. La visite convient particulièrement aux familles, aux photographes et aux curieux qui souhaitent comprendre le fonctionnement d’un écosystème plutôt que simplement parcourir un itinéraire sportif.
La Maison des Tourbières et les animations
La Maison des Tourbières complète la promenade pendant sa période d’accueil, habituellement de mai à septembre. L’équipe y présente l’histoire naturelle et humaine du site. Des visites guidées, balades contées, ateliers pour enfants et initiations autour de la pêche sont proposés selon la programmation.
La visite libre des sentiers est accessible gratuitement toute l’année et ne nécessite pas de réservation. En revanche, les sorties accompagnées sont organisées sur inscription ; une visite guidée classique est annoncée autour de 5 € par personne. Pour les groupes, la durée moyenne indiquée est d’environ 1 h 30.
Préparer sa promenade dans cet espace protégé
- Accès : le site se rejoint par de petites routes rurales et se trouve au bout d’une voie sans issue. Un parking ainsi qu’un emplacement pour les autocars sont signalés à proximité de l’accueil.
- Équipement : prévoyez des chaussures adaptées à un environnement humide, une protection contre le soleil ou la pluie et, en saison, un répulsif contre les insectes.
- Services : une aire de pique-nique et des toilettes sont disponibles sur le site. Leur accessibilité peut dépendre de la période d’ouverture de l’accueil.
- Accessibilité : des accès adaptés aux personnes à mobilité réduite et aux fauteuils roulants sont signalés, mais la praticabilité de l’ensemble du parcours naturel n’est pas détaillée. Il est prudent de vérifier les conditions avant le déplacement.
- Animaux : les chiens sont admis à condition de rester tenus en laisse.
- Protection du milieu : la cueillette, la capture d’animaux, les feux, le camping et la baignade sont interdits. Les véhicules, y compris non motorisés, ne doivent pas circuler sur le parcours.
- Paiement : les activités payantes acceptent les espèces et les chèques, avec règlement sur place annoncé pour certaines visites.
Pour profiter de la faune, mieux vaut avancer lentement, parler à voix basse et rester sur les cheminements aménagés. Des jumelles facilitent l’observation des oiseaux et des papillons sans s’approcher des zones sensibles.
Prolonger la sortie en Dordogne
Après cette immersion dans les milieux humides, une halte à la Piscine intercommunale de Ribérac permet de compléter la journée par une activité aquatique. Pour élargir l’escapade aux musées, aux vestiges gallo-romains, aux jardins et aux saveurs locales, retrouvez également les idées d’activités, de culture et de patrimoine à Périgueux.
Enfants & famille
- Convient aux enfants 4-6 ans
- Convient aux enfants 7-12 ans
- Convient aux ados 13-17 ans
- Animations enfants

Modes de paiement
- Espèces
- Chèque
- Paiement sur place
Animaux
- En laisse
Infos pratiques
Voir sur la carteOù se trouve Site Naturel des Tourbières de Vendoire ?
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Fiche créée le 21/06/2025, dernière mise à jour le 21/07/2026.


