Neuvic, explorer une cité de Haute-Corrèze entre patrimoine, Résistance, arboretum et lac de la Triouzoune
Neuvic - Corrèze
Neuvic mêle patrimoine médiéval, sculptures, mémoire de la Résistance et loisirs autour du lac de la Triouzoune. Centre ancien, musée, arboretum et grands paysages de Haute-Corrèze permettent d’alterner culture, nature et activités au bord de l’eau.
Neuvic, entre patrimoine corrézien et lac de la Triouzoune
Installée à environ 630 mètres d’altitude, Neuvic — également appelée Neuvic d’Ussel — occupe une position privilégiée entre la rivière Triouzoune, la forêt domaniale de la Vergne et les gorges de la Haute-Dordogne. Le bourg associe un centre ancien, un patrimoine artistique étonnamment dense et les loisirs d’une petite station lacustre.
La destination convient aussi bien à une promenade culturelle qu’à une journée en famille. On peut parcourir les rues historiques le matin, visiter un musée ou un jardin, puis rejoindre les plages et les activités nautiques du lac. Pour comprendre la commune sans manquer ses détails, l’office de tourisme propose un circuit patrimonial autonome de 2,1 kilomètres.
Du « nouveau bourg » à la cité de Ventadour
Le nom de Neuvic dérive du latin novus vicus, signifiant « nouveau bourg », mais son histoire est ancienne. La cité est mentionnée dès les XIe et XIIe siècles dans la mouvance de la vicomté de Ventadour, territoire associé aux troubadours médiévaux. Une charte de franchises accordée à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle donne alors aux habitants certaines libertés et une forme d’autonomie.
Les textes décrivent une ville autrefois ceinte de remparts et accessible par trois portes. Devenue inutile, l’enceinte est vendue sur ordre royal au XVIIIe siècle et a aujourd’hui disparu. Contrairement à ce que son allure pourrait laisser penser, la tour des Cinq Pierres n’est pas un vestige des fortifications : il s’agit de la tour d’escalier d’une ancienne maison, décorée de pierres de remploi provenant notamment du château du Chambon.
Balade dans le cœur historique
La rue du Commerce suit l’axe principal de la ville médiévale. Elle conserve plusieurs demeures remarquables, dont l’hôtel Veilhan, maison du XVe siècle, et l’hôtel de Saint-Mexant. La tour Renaissance de ce dernier, inscrite au titre des monuments historiques, se distingue par ses pilastres, son fronton triangulaire et ses pots à feu.
Sur la place Gambetta, une fontaine du XIXe siècle rappelle la fonction commerciale et sociale du centre-ville. Sa colonne ornée de têtes de lions porte un buste de la République en pierre de Volvic. Plus loin, l’ancien hospice, avec ses briques et ses éléments de céramique, témoigne des préoccupations sanitaires et sociales du début du XXe siècle.
L’église Saint-Étienne
L’église conserve quelques éléments de l’édifice roman primitif, malgré des remaniements gothiques effectués après les destructions de la guerre de Cent Ans. Deux chapiteaux du portail représentent notamment la lapidation de saint Étienne. À l’intérieur, les vitraux abstraits de Louis-René Petit jouent avec la lumière et la couleur, tandis que l’autel des Noces de Cana et la statue de Notre-Dame de Pénacorn sont dus au sculpteur neuvicois Julien Lavaur.
La légende de Notre-Dame de Pénacorn
Une tradition locale raconte qu’un serviteur surpris par un orage aperçut une dame blanche au pied d’un arbre après avoir invoqué Notre-Dame du Bon Secours. Une statue aurait été trouvée au même endroit le lendemain. Transportée au château, elle serait mystérieusement revenue là où elle avait été découverte, signe qu’elle devait être honorée dans la région. Une chapelle fut ensuite élevée dans le bois de Pénacorn, où la dévotion demeure vivante.
Un musée consacré à Henri Queuille et à la Résistance
Né à Neuvic en 1884, Henri Queuille fut maire de la commune pendant près d’un demi-siècle, parlementaire corrézien et ministre à de nombreuses reprises. Il participa notamment à la création de la SNCF. Opposé aux pleins pouvoirs accordés au maréchal Pétain, il rejoignit ensuite le général de Gaulle à Londres.
Installé depuis 1981 dans sa maison familiale et labellisé « Maison des Illustres », le Musée départemental de la Résistance Henri Queuille présente sa carrière politique ainsi que la Résistance en Haute-Corrèze : presse clandestine, réseaux, maquis et actions de guérilla. Des expositions temporaires, documents d’archives, films et conférences complètent régulièrement le parcours.
Sculptures et patrimoine du XXe siècle
L’un des traits les plus originaux de Neuvic est la présence d’œuvres d’art dans l’espace public. Dans le jardin, la Fontaine du Berger d’Henry Proszynsky met en scène un jeune berger, une paysanne, un bélier et des brebis. Un préau décoré de mosaïques et de piliers sculptés développe une allégorie de l’éducation rurale. Les huit cariatides placées à l’entrée du lycée Marcel-Barbanceys prolongent cet ensemble labellisé Patrimoine du XXe siècle.
La commune conserve également plusieurs créations de Julien Lavaur, dont le buste d’Henri Queuille et le monument aux résistants représentant la République crucifiée rompant ses chaînes. Une autre sculpture, le jeune chevrier de Raymond Barthélémy, échappa à la fonte pendant la Seconde Guerre mondiale grâce à des résistants qui la dissimulèrent jusqu’à la Libération. Elle est aujourd’hui conservée dans la mairie avec le bronze de la fontaine de la Poule.
L’arboretum du château de Neuvic d’Ussel
Créé dans la première moitié du XIXe siècle, l’arboretum forme un parc paysager à l’anglaise d’environ 6,5 hectares. Ses trois kilomètres d’allées traversent vallonnements, bosquets, pièce d’eau, verger et jardin de curé. Près de 370 espèces d’arbres et d’arbustes venues de différents continents y sont réunies.
Parmi les spécimens les plus impressionnants figurent un grand séquoia, distingué à l’échelle régionale, un imposant tulipier de Virginie et un cyprès de Lawson à plusieurs troncs. Le domaine porte les labels « Jardin remarquable » et « Arbres remarquables de France ». La visite est saisonnière et coûte généralement autour de 4 à 6 €. Environ 90 % du parcours est annoncé accessible aux personnes à mobilité réduite.
Le lac de la Triouzoune, héritage hydroélectrique et station de loisirs
Mis en eau en 1945 après la construction du barrage, le lac de la Triouzoune couvre environ 410 hectares. Son eau est acheminée par une conduite forcée de plusieurs kilomètres vers une centrale située dans les gorges de la Dordogne, et non produite directement au pied du barrage. Les premières plages, pontons et installations touristiques sont aménagés peu après la guerre sous l’impulsion d’Henri Queuille.
Les fêtes nautiques de Neuvic acquirent autrefois une notoriété nationale. Elles combinaient joutes, illuminations, concerts et démonstrations spectaculaires, jusqu’au ski nautique tracté par hélicoptère. Luis Mariano, Sacha Distel et Serge Lama comptent parmi les artistes associés à cette période festive.
Aujourd’hui, la plage de Neuvic est labellisée Pavillon Bleu et Handiplage. La baignade y est surveillée pendant la saison estivale. Le site propose ou accueille selon la période :
- baignade et jeux pour enfants ;
- voile, optimist et catamaran ;
- canoë-kayak, paddle et pédalo ;
- bouée tractée, ski nautique et surf électrique ;
- pêche, avec carte obligatoire ;
- aires de pique-nique et restauration au bord de l’eau ;
- golf avec vue sur le lac et les reliefs du Cantal.
Les familles doivent distinguer les espaces de baignade aménagés des berges plus sauvages. Les conditions de surveillance et les locations nautiques étant saisonnières, une vérification préalable est recommandée.
Randonnées et excursions dans les gorges de la Haute-Dordogne
Autour de Neuvic, sentiers pédestres, parcours de santé, VTT et gravel permettent d’explorer la forêt de la Vergne, le puy Chaffaud et les rives de la Triouzoune. Une chasse au trésor Tèrra Aventura invite aussi les familles à partir sur les traces du Poï’z Zouti.
Pour une découverte plus large, un circuit routier de 104 kilomètres relie le lac, le belvédère de Gratte-Bruyère, les barrages de Marèges et de l’Aigle, le village de gabariers de Spontour et le viaduc des Rochers Noirs. Il permet de comprendre comment rivières, ouvrages hydroélectriques et anciennes voies de communication ont façonné la Haute-Corrèze.
Conseils pratiques pour découvrir Neuvic
Le circuit urbain se parcourt librement et demande de bonnes chaussures, certaines extensions conduisant vers des chemins naturels. La commune se trouve à environ 21 kilomètres au sud d’Ussel et de l’accès à l’autoroute A89. Une liaison routière relie Neuvic à Ussel ; la voiture reste néanmoins pratique pour rejoindre le lac, les belvédères et les barrages.
Neuvic dispose de parkings, toilettes publiques, tables de pique-nique, aire de jeux, point Wi-Fi, stationnement pour vélos et bornes de recharge pour véhicules électriques. Le bureau de tourisme propose le plan patrimonial ainsi qu’une boutique de cartes, guides et souvenirs locaux.
Pour compléter un séjour corrézien, Neuvic peut être associée à une escapade à Tulle entre patrimoine, accordéon, cascades et sorties culturelles. Le trajet permet de relier les paysages lacustres de la Haute-Dordogne à une ville profondément marquée par l’histoire artisanale et musicale de la Corrèze.
Enfants & famille
- Convient aux enfants 0-3 ans
- Convient aux enfants 4-6 ans
- Convient aux enfants 7-12 ans
- Convient aux ados 13-17 ans

Le Musée départemental de la Résistance Henri Queuille présente, à travers des archives, films et affiches, l’histoire des grandes fêtes nautiques qui ont contribué au rayonnement de Neuvic.
Du 13 avril 2026 au 30 octobre 2026
Où se trouve Neuvic ?
Autres activités à proximité(5)

Guide de poche intelligent
L'appli gratuite qui trouve les meilleures idées de sorties
Fiche créée le 15/10/2025, dernière mise à jour le 15/10/2025.






