Mémorial de la Ferme de Richemont à Saucats, le sacrifice des jeunes résistants
Saucats - Gironde
Dans une clairière de Saucats, un obélisque monumental veille sur les vestiges d’une ferme détruite en juillet 1944. Ce lieu solennel raconte le dernier combat de treize jeunes résistants et la mobilisation des habitants pour préserver leur mémoire.
Un haut lieu de la Résistance au cœur de la lande girondine
Élevé à Saucats sur le lieu même du combat de la ferme de Richemont, ce mémorial rend hommage à treize jeunes résistants et, plus largement, à l’ensemble des martyrs de la Résistance du Sud-Ouest. Loin d’un musée traditionnel, il forme un site de mémoire en plein air, sobre et isolé, où l’architecture, les inscriptions et les vestiges de la ferme permettent de comprendre la portée des événements.
Le monument est inscrit en totalité au titre des Monuments historiques. Il appartient au département de la Gironde et constitue l’unique mémorial régional officiellement dédié aux résistants de la Gironde, des Landes, du Lot-et-Garonne et des Pyrénées-Atlantiques.
Le combat de la ferme de Richemont
Au printemps 1944, François Mossé, officier de l’Organisation de résistance de l’Armée, rassemble autour de lui de jeunes volontaires, pour beaucoup élèves ou anciens élèves du lycée Michel-Montaigne de Bordeaux. Le groupe doit former les futurs cadres d’un maquis plus important, tout en préparant des opérations de sabotage et en attendant un parachutage d’armes annoncé par des messages codés diffusés depuis Londres.
Les résistants s’installent dans la ferme abandonnée de Richemont, à l’écart des grands axes et entourée de bois. La vie du camp s’organise selon une discipline militaire : entraînement, tours de garde, instruction au maniement des armes et creusement de tranchées. Leur équipement reste toutefois très limité.
Le 14 juillet 1944, des soldats allemands et des miliciens français encerclent la ferme. Après environ trois heures d’un combat très inégal, l’artillerie est utilisée contre le bâtiment. Douze jeunes résistants meurent sur place tandis que deux combattants réussissent à s’échapper. Jean-Pierre Bouron, arrêté avant l’assaut alors qu’il rejoignait ses camarades, est emprisonné, torturé puis fusillé quelques jours plus tard. Son nom porte à treize le nombre de jeunes hommes honorés par le mémorial.
La date du combat, jour de fête nationale, renforce la dimension symbolique du lieu. Une cérémonie commémorative y est organisée chaque année afin de transmettre leur histoire et de rappeler leur engagement pour la liberté.
Un obélisque de 35 mètres appelé « le Signal »
Après la Libération, l’idée d’un monument naît lors des cérémonies organisées à Bordeaux pour le retour des corps. Un concours artistique est lancé et le projet de l’architecte bordelais André Méry-Riboulet est retenu en 1946. Les travaux commencent en 1948 et l’inauguration a lieu en 1953, en présence de plusieurs milliers de personnes.
L’élément central est un obélisque en béton armé de 35 mètres, conçu comme une flamme jaillissant du lieu du sacrifice et comme un signal visible dans le paysage plat de la lande. Ses quatre faces portent des hauts-reliefs monumentaux d’environ 7,80 mètres réalisés par Armande Marty, sculptrice formée auprès d’Antoine Bourdelle :
- la Victoire sur la face nord ;
- la Foi sur la face sud ;
- le Sacrifice sur la face est ;
- le Courage sur la face ouest.
Ces quatre figures répondent aux points cardinaux et donnent au monument une portée dépassant le seul épisode de Saucats. Armande Marty modela chacune d’elles par fragments dans son atelier avant leur assemblage sur l’obélisque, un travail considérable compte tenu de leur taille.
Les vestiges de la ferme et les noms des résistants
Au pied de la colonne subsistent une porte et deux courts murets évoquant le plan de la ferme détruite. Les pierres conservées ancrent le monument dans le lieu précis du combat. Sur les montants et les pans de mur sont gravés le récit de l’affrontement, la dédicace aux martyrs de la Résistance du Sud-Ouest et les noms des treize résistants.
Le projet initial devait être plus vaste, avec un déambulatoire, une crypte ouverte, un reliquaire et une dalle portant une inscription en forme de croix de Lorraine. Les contraintes financières de l’après-guerre conduisirent à une réalisation plus dépouillée. Cette simplicité renforce aujourd’hui le contraste entre l’obélisque solitaire, les vestiges modestes de la ferme et le paysage environnant.
Une flamme issue de celle du Soldat inconnu peut également être observée au pied du monument, témoignage du lien entretenu avec la mémoire nationale.
Visiter le Mémorial de Richemont
Le site extérieur est accessible librement toute l’année, sans billet d’entrée ni réservation. Une visite autonome consiste à faire le tour de l’obélisque, observer les quatre allégories, lire les inscriptions et retrouver le tracé symbolique de l’ancienne ferme. La photographie est autorisée.
Pour approfondir le contexte, le Comité du Mémorial organise des visites guidées gratuites assurées par des bénévoles. Elles durent environ 45 minutes et sont principalement proposées aux groupes d’au moins dix personnes, après réservation. Le commentaire permet de replacer les jeunes résistants dans l’histoire de l’Occupation, de comprendre le déroulement de l’assaut et de décrypter les choix de l’architecte et de la sculptrice.
Le lieu convient particulièrement aux passionnés d’histoire contemporaine, aux groupes scolaires et aux familles souhaitant aborder la Résistance à partir d’un site authentique. La gravité du récit demande néanmoins un accompagnement adapté pour les plus jeunes.
Accessibilité et conseils pratiques
Le mémorial se situe au lieu-dit Richemont, à environ deux kilomètres au sud du bourg de Saucats, en direction de Saint-Magne. Son implantation rurale rend la voiture particulièrement pratique. Une zone de stationnement est présente à l’arrivée.
Le monument et son esplanade sont de plain-pied, mais une partie des surfaces est enherbée. Un guide touristique signale un accès adapté aux personnes à mobilité réduite et aux fauteuils roulants ; il reste prudent de demander les conditions du terrain avant une visite guidée, notamment après une période pluvieuse.
- Prévoir des chaussures adaptées à un espace extérieur et à l’herbe.
- Emporter une protection contre la pluie ou le soleil, le site étant largement découvert.
- Respecter le caractère commémoratif du lieu et éviter de grimper sur les vestiges.
- Les chiens peuvent accompagner la promenade tenus en laisse, avec respect des lieux et ramassage des déjections.
Animations mémorielles et observations du ciel
Outre la cérémonie annuelle, le mémorial accueille ponctuellement des visites commentées, des projections historiques et des animations proposées lors des Journées européennes du patrimoine. Son environnement dégagé sert également de point de rendez-vous à des séances d’observation astronomique animées par des amateurs équipés de télescopes. Ces rendez-vous restent tributaires de la météo et ne modifient pas le fonctionnement habituel du site.
Prolonger la découverte au sud de Bordeaux
Une visite du mémorial peut être associée à la découverte du bourg de Saucats et de sa réserve naturelle géologique. En remontant vers la métropole, la sélection consacrée aux activités nature, au patrimoine viticole et aux sorties familiales à Pessac permet de prolonger la journée entre forêts, loisirs et culture.
Enfants & famille
- Convient aux ados 13-17 ans

Animaux
- En laisse
Plusieurs séances gratuites d’initiation aux instruments et de lecture du ciel sont annoncées ponctuellement au mémorial durant l’automne et le début de l’hiver. Leur maintien dépend de la météo.
Du 31 octobre 2026 au 31 décembre 2026
Où se trouve Mémorial de la Ferme de Richemont ?
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Fiche créée le 20/05/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.





