Abbaye Notre Dame de Bonne Espérance à Échourgnac, une communauté cistercienne vivante
Échourgnac - Dordogne
Au cœur de la Double, Notre-Dame de Bonne-Espérance associe vie cistercienne, architecture sobre et traditions gourmandes. L’église, l’exposition et les promenades permettent d’approcher l’histoire d’une communauté toujours active, entre silence, lumière contemporaine et savoir-faire monastique.
Une abbaye cistercienne vivante au cœur de la Double
À Échourgnac, au nord-ouest de la Dordogne, l’Abbaye Notre-Dame de Bonne-Espérance est un lieu à part. Il ne s’agit pas d’un monument historique transformé en musée, mais d’un monastère toujours habité par une communauté de moniales cisterciennes trappistes. La visite se vit donc dans le respect du silence, de la prière et du rythme quotidien des religieuses.
Le domaine se trouve dans la Double, vaste territoire de forêts, d’étangs et d’anciennes zones marécageuses à cheval sur le Périgord et le nord de la Gironde. Cette géographie est directement liée à l’histoire de l’abbaye : les premiers moines arrivés au XIXe siècle ont participé à l’assainissement des terres et au développement agricole du secteur.
Pour poursuivre la découverte du département vers la vallée de la Dordogne, notre guide des activités, vins et lieux de patrimoine à découvrir autour de Bergerac permet de composer une autre étape entre vieille ville, châteaux, vignobles et gastronomie périgourdine.
Des moines venus assainir les marais en 1868
L’histoire du site commence en 1868. Quelques moines cisterciens de l’abbaye Notre-Dame de Port-du-Salut, en Mayenne, s’installent sur le domaine de Biscaye à Échourgnac. Leur arrivée répond notamment à la volonté du médecin de la commune et du préfet de transformer cette région alors très marécageuse, où le paludisme constitue encore un véritable problème sanitaire.
Les frères assèchent les marais, mettent les terres en valeur et bâtissent eux-mêmes une grande partie du monastère. Ils fabriquent leurs briques avec l’argile locale et construisent progressivement trois ailes de Notre-Dame de Bonne-Espérance. Des puits, une étable et une porcherie complètent ensuite le domaine.
Leur action dépasse la seule vie religieuse. L’exploitation devient une sorte de ferme-école destinée à accompagner le développement de l’élevage local. C’est dans ce contexte qu’apparaît la fromagerie qui fera plus tard la réputation d’Échourgnac.
La naissance du plus ancien fromage du Périgord
Les moines venus de Port-du-Salut maîtrisent déjà la fabrication fromagère. Ils créent à Échourgnac une installation particulièrement moderne pour son époque, équipée notamment d’une chaudière et de cuves à vapeur, afin de valoriser le lait produit dans les fermes des environs.
Le fromage élaboré reprend naturellement le savoir-faire de leur abbaye d’origine. Cette production née en 1868 est à l’origine du Trappe Échourgnac, présenté comme le plus ancien fromage du Périgord.
La fromagerie joue donc un rôle double dans l’histoire du monastère : elle permet à la communauté de vivre de son travail tout en participant au développement économique et agricole de la Double. Cette articulation entre prière et activité manuelle correspond pleinement à la tradition bénédictine résumée par la formule « ora et labora », prière et travail.
L’arrivée des moniales cisterciennes en 1923
Les frères quittent Échourgnac au début du XXe siècle. Une nouvelle page s’ouvre en 1923 lorsqu’une communauté de moniales cisterciennes vient s’installer à Notre-Dame de Bonne-Espérance après un long exil en Espagne.
Cette communauté avait été fondée au XIXe siècle dans les Pyrénées-Orientales avant d’être contrainte de quitter la France au début du XXe siècle. Après plusieurs années passées à Herrera, en Espagne, les religieuses peuvent revenir en France et choisissent finalement Échourgnac.
À leur arrivée, les sœurs remettent progressivement les bâtiments en état et reprennent les activités agricoles et fromagères. Le domaine fonctionne alors avec une grande autonomie : potager, verger, élevage de vaches et de porcs, poulailler et différents travaux artisanaux participent à la vie quotidienne.
Un incendie qui transforme l’activité de l’abbaye
L’histoire économique du monastère connaît un épisode marquant en 1983. Un violent orage provoque un incendie qui ravage la fromagerie et interrompt la fabrication et l’affinage.
En attendant la reconstruction, les religieuses cherchent une nouvelle activité capable de contribuer aux ressources de la communauté. Elles développent alors un atelier de confitures et de pâtes de fruits. Ce qui devait permettre de traverser une période difficile devient finalement une production monastique durable.
Aujourd’hui encore, les produits fruitiers côtoient les fromages dans le magasin de l’abbaye, aux côtés du miel, des tisanes et de différentes productions provenant d’autres monastères.
Le célèbre Trappe Échourgnac au vin de noix
La spécialité la plus emblématique du lieu est aujourd’hui le Trappe Échourgnac affiné au vin de noix. La recette est créée en 1998 sous l’impulsion d’une sœur de l’abbaye et associe le fromage au lait de vache à un produit profondément lié à la gastronomie périgourdine.
Pendant l’affinage, le fromage reçoit des soins au vin de noix du Périgord. Cette méthode lui apporte un parfum caractéristique et une légère saveur de noix qui persiste en bouche. Le fromage est affiné plusieurs semaines dans les caves avant sa commercialisation.
La gamme comprend également le Trappe nature ainsi qu’un fromage de brebis affiné dans les caves de l’abbaye. Le savoir-faire historique a donc évolué sans rompre avec l’activité qui faisait déjà vivre les premiers moines au XIXe siècle.
Peut-on visiter l’abbaye d’Échourgnac ?
Il est important de le savoir avant de venir : le monastère lui-même ne se visite pas. Les bâtiments conventuels, les jardins réservés à la communauté et la fromagerie appartiennent aux espaces de vie et de travail des religieuses et ne sont pas ouverts au public.
Une visite à Échourgnac ne fonctionne donc pas comme celle d’une abbaye transformée en monument touristique. On vient plutôt découvrir l’église, comprendre la vie monastique grâce aux espaces d’accueil, assister éventuellement à un office et parcourir le magasin.
Cette limitation constitue aussi une partie de l’identité du lieu. Notre-Dame de Bonne-Espérance reste avant tout une abbaye vivante, où l’activité touristique doit s’adapter au silence et au rythme de la communauté plutôt que l’inverse.
Entrer dans l’église abbatiale
L’église abbatiale est ouverte aux visiteurs pendant la journée, en dehors de certains temps liés à la vie communautaire. Chacun peut y entrer librement pour découvrir l’édifice, faire une halte silencieuse ou participer aux offices célébrés par les religieuses.
L’intérieur actuel résulte notamment d’une importante restauration menée entre 2014 et 2016. Le choix des matériaux répond à une esthétique volontairement sobre, fidèle à l’esprit cistercien. Le sol utilise par exemple une pierre calcaire de Mauzens, issue d’une carrière de Dordogne, tandis que les stalles et les bancs ont été réalisés en chêne.
L’autel est taillé dans une pierre claire et plusieurs éléments liturgiques, comme l’ambon, le tabernacle et la croix, associent bronze doré et acier. L’église restaurée et son nouvel autel ont été dédicacés en mai 2016.
Partager un office avec les moniales
Pour comprendre réellement la fonction du lieu, l’une des expériences les plus fortes consiste à entrer dans l’église au moment d’un office monastique. La journée de la communauté est rythmée par plusieurs temps de prière, depuis les premières heures du jour jusqu’au soir.
Ces offices ne sont pas conçus comme des animations touristiques : ils appartiennent à la vie quotidienne des sœurs. Les visiteurs peuvent néanmoins y participer dans le respect du silence et du recueillement. Même pour une personne qui ne vient pas dans une démarche religieuse, l’expérience permet de saisir la différence entre un monument patrimonial et un monastère encore pleinement habité.
Une exposition pour comprendre la vie derrière la clôture
Comme les espaces privés restent fermés au public, une exposition permanente permet d’en apprendre davantage sur la vie de la communauté. Elle présente différents objets liés à l’histoire du monastère et aborde les principales dimensions du quotidien : prière, travail, vie communautaire, production monastique et tâches de tous les jours.
Une vidéo complète l’exposition et permet notamment d’apercevoir des espaces ou des activités auxquels le visiteur n’a normalement pas accès. Cette présentation est particulièrement utile pour comprendre ce qui se déroule derrière la clôture sans perturber la vie des religieuses.
L’exposition suit le fonctionnement du magasin monastique et peut donc connaître des horaires différents de ceux de l’église.
Faire une halte gourmande au magasin monastique
Le magasin de l’abbaye constitue l’autre grande étape accessible aux visiteurs. On y retrouve bien sûr les fromages d’Échourgnac mais aussi les confitures, pâtes de fruits, miel et tisanes issus des activités de l’abbaye.
La boutique rassemble également une sélection de produits provenant d’autres communautés monastiques françaises. C’est l’occasion de découvrir une économie particulière dans laquelle le travail permet aux communautés religieuses de financer leur vie quotidienne et l’entretien de leurs bâtiments.
Le paiement en espèces et par carte bancaire est accepté au magasin. Une boutique en ligne permet également de commander certains produits à distance.
Un lieu de silence dans les paysages de la Double
L’intérêt d’Échourgnac ne tient pas seulement à son histoire ou à son fromage. Le domaine s’inscrit dans le paysage très particulier de la Double périgourdine, territoire marqué par les forêts, les étangs et les sols humides.
Le calme des environs explique aussi la vocation d’accueil spirituel de l’abbaye. Une hôtellerie permet à ceux qui le souhaitent d’effectuer une retraite et de vivre temporairement au rythme de la communauté, dans une démarche différente d’une simple visite touristique.
Pour une halte plus courte, des espaces extérieurs accessibles aux visiteurs permettent de profiter de l’atmosphère du site. Il est notamment possible de pique-niquer dans les secteurs prévus à proximité de l’abbaye tout en respectant les espaces réservés à la communauté.
Accessibilité des espaces ouverts au public
Les informations touristiques indiquent que le magasin est accessible de plain-pied et qu’une rampe permet de rejoindre l’église abbatiale. Ces aménagements facilitent la visite des principaux espaces ouverts au public.
En revanche, l’ensemble du domaine monastique n’étant de toute façon pas accessible aux visiteurs, il est préférable de vérifier les besoins particuliers avant une venue nécessitant des conditions précises d’accessibilité.
Combien de temps prévoir sur place ?
Pour une simple découverte de l’église, de l’exposition et du magasin, comptez approximativement 45 minutes à une heure. La durée peut être plus longue si vous souhaitez assister à un office, regarder intégralement la présentation consacrée à la communauté ou prendre le temps de découvrir les produits du magasin.
Il n’existe pas de circuit touristique classique à travers les bâtiments de l’abbaye. L’expérience repose davantage sur une succession de petites étapes : l’église, l’exposition, la boutique et le calme des alentours.
Conseils pour découvrir Notre-Dame de Bonne-Espérance
- Ne venez pas en pensant visiter les bâtiments conventuels ou la fromagerie : ces espaces sont privés et réservés à la communauté et à son travail.
- Commencez par l’église afin de comprendre la dimension spirituelle du site avant de découvrir son histoire économique et fromagère.
- Prenez le temps de regarder l’exposition permanente et la vidéo, qui constituent le meilleur moyen de découvrir la vie quotidienne derrière la clôture.
- Si vous souhaitez entendre les moniales chanter et prier, renseignez-vous sur le rythme des offices avant votre venue et arrivez suffisamment tôt pour vous installer discrètement.
- Profitez du magasin pour découvrir le Trappe nature et la version affinée au vin de noix, devenue l’une des spécialités gastronomiques emblématiques du secteur.
- Respectez le silence, la signalétique et les espaces non accessibles : l’abbaye reste avant tout le lieu de vie d’une communauté religieuse.
Enfants & famille
- Convient aux enfants 7-12 ans
- Convient aux ados 13-17 ans
- Poussette OK

Modes de paiement
- Espèces
- Carte bancaire
- Paiement sur place
Animaux
- Oui
Horaires d'ouverture
Les horaires peuvent varier selon la saison
- 13 juil. – 30 aoûtVariable selon le jour
Voir le détail par jour
- Lundi12:30 – 18:00
- Mardi10:00 – 18:00
- Mercredi10:00 – 18:00
- Jeudi10:00 – 18:00
- Vendredi10:00 – 18:00
- Samedi10:00 – 18:00
- Dimanche11:00 – 17:30
Où se trouve Abbaye Notre Dame de Bonne Espérance ?
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Fiche créée le 17/05/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.




